La fiève Ebola et le procès Karim Wade en exergue

La gestion du premier cas Ebola signalé au Sénégal et les suites du procès pour enrichissement illicite présumé de l'ancien ministre Karim Wade, sont les deux principaux sujets au menu de la livraison de mardi de la presse quotidienne.

Un premier cas dit ''importé'' de fièvre hémorragique à virus Ebola a été signalé vendredi au Sénégal par le ministère de la Santé et de l'Action sociale. Il s'agit d'un jeune Guinéen mis en quarantaine à l'hôpital de Fann, à Dakar, où il reçoit depuis des soins.

"Presse et pouvoir scellent un pacte de confiance", annonce par exemple le quotidien Enquête, au sujet des actions engagées par les autorités sénégalaises dans le cadre de la gestion de ce problème.

"Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck, a invité la presse à la responsabilité dans le traitement de l'information liée à Ebola, écrit ce journal. Occasion saisie au rebond par les éditeurs de presse (…) pour afficher leur engagement dans la lutte contre la propagation de la maladie".

Awa Marie Coll Seck qui rencontrait les éditeurs de presse a confirmé l'information selon laquelle des jeunes avaient investi l'hôpital de Fann, où le jeune guinéen était interné au pavillon des maladies infectieuses, "pour, disaient-ils, abréger la vie de la personne infectée". "Des jeunes étaient venus à l'hôpital pour tuer le Guinéen malade", renchérit le quotidien L'As.

"S'il n'était pas infecté, il serait envoyé en prison", déclare le chef de l'Etat, dans des propos sont relayés par Direct Info. Macky Sall "n'en revient pas jusqu'à présent de la façon dont le jeune guinéen atteint de la fièvre Ebola a pu bafouer toutes nos lois avec la fermeture de nos frontières pour entrer illégalement au Sénégal", commente le journal.

Ce ressortissant guinéen infecté avait quitté son pays le 15 août dernier pour des vacances au Sénégal, après avoir participé à l'enterrement d'un de ses frères décédés de la fièvre hémorragique à virus Ebola.

Depuis, quatre des membres de sa famille ont été transférés dans un centre de traitement de Conakry, la capitale guinéenne, selon des informations de presse.

"On ne peut pas être conscient de porter une maladie très grave et se permettre d'entrer dans un pays", a par ailleurs fait valoir le chef de l'Etat sénégalais, dans d'autres propos cités par le quotidien Le Populaire. "Le jeune étudiant (…) dont l'état de santé s'améliore sera d'ailleurs ramené à Conakry dès qu'il sera guéri", précise Le Populaire.

D'autre part, des centaines de Sénégalais se trouvent "bloqués à Labé", en Guinée, du fait de la fermeture de la frontière avec ce pays, renseigne le quotidien Walfadjri. "Dans l'impossibilité de rentrer +à la maison+, ces derniers sont devenus les autres victimes de la fièvre hémorragique à virus Ebola (…)", relève le journal.

Dans la continuité des premières actions de prise en charge du premier cas signalé à Dakar, le ministère de la Santé et de l'Action sociale a fait savoir dans un communiqué que les personnes qui étaient en contact avec le jeune étudiant guinéen infecté par le virus, sont identifiés et placées sous surveillance.

De son côté, le président de la République Macky Sall a assuré que les pouvoirs publics faisaient leur possible pour empêcher l'apparition de nouveaux cas de virus à fièvre hémorragique Ebola sur le territoire sénégalais, appelant à la "solidarité" et à "la cohésion nationale" pour venir à bout de cette maladie.

Mais déjà, Libération rapporte que cinq Sénégalais suspectés d'avoir été en contact avec le virus Ebola ont été arrêtés à Lagos, la capitale nigériane. "Ils ont été interpellés avec des Congolais dans un hôtel", indique le journal faisant en outre état d'une fausse alerte aux Parcelles assainies, un quartier dakarois où vivait le jeune Guinéen infecté.

Parlant de la chaine de transmission vu virus à fièvre Ebola, La Tribune fait observer que les enfants de la rue, ''livrés à eux-mêmes, sans aucune mesure d'hygiène", semblent de fait plus exposés que d'autres catégories de la population.

Pour le reste, le procès pour enrichissement illicite présumé de Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, continue d'être un serpent de mer de la presse quotidienne, en dépit de la fièvre Ebola.

Le quotidien L'Observateur signale ainsi un "premier clash entre Karim et le juge Henry Grégoire Diop" de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI). Le journal rend ensuite compte d'une partie des échanges entre les deux hommes, lors de la séance de lundi de ce procès.

"Ce n'est pas à vous de demander la parole à vos avocats", déclare notamment le juge Henry Grégoire Diop, s'adressant à Karim Wade. Ce dernier de lui répondre : "Condamnez-moi alors directement, qu'on en finisse une bonne fois". Commentaire du journal : "La salle d'audience a chauffé, hier (lundi), au premier jour des débats de fond". Libération rend lui aussi compte des mêmes échanges, à quelques mots près.

"Du théâtre au tribunal !", affiche pour sa part le quotidien Enquête, au sujet de la comparution sur civière de Ibrahim Khalil Bibo Bourgi, l'un des complices présumés de l'ancien ministre Karim Wade. "En lieu et place d'un débat de fond, écrit le journal, le procès de Karim Wade a porté hier, une fois encore, sur l'état de santé de Bibo Bourgi".

"Bibo Bourgi sur civière", note Grand Place, estimant que le Sénégal "suit la jurisprudence égyptienne", référence à la comparution dans les mêmes conditions de l'ancien président égyptien Hosni Moubarack. "Suprême humiliation" pour Bourgi, souligne L'As.



Auteur : BK
Source : aps.sn

Rubrique: Reportages Date: 02-Sep-2014

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